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Bien préparer ses travaux

Rénover un appartement en copropriété : règles, syndic, organisation

Ce que vous pouvez faire librement chez vous, ce qui exige un vote de l’assemblée générale, la demande au syndic et l’organisation d’un chantier en immeuble habité à Paris et en petite couronne.

Rénover un appartement en copropriété, c’est être libre chez soi, mais pas au-delà de ses murs. Refaire une cuisine, une salle de bains ou les sols relève en principe de vos seules parties privatives. Ouvrir un mur porteur, toucher à une colonne commune ou changer des fenêtres suppose au contraire un vote de l’assemblée générale, demandé à l’avance au syndic. Ce guide fait le point en 2026 sur ces règles, sur la procédure et sur l’organisation d’un chantier en immeuble habité, avec les spécificités de Paris et de la petite couronne.

L’essentiel en trois points :

  • dans vos parties privatives, pas d’autorisation de l’assemblée générale, à condition de respecter le règlement de copropriété et les droits des voisins ;
  • sur les parties communes ou l’aspect extérieur (mur porteur, colonne, fenêtres), un vote à la majorité de l’article 25 de la loi du 10 juillet 1965, voire de l’article 26 ;
  • la demande se fait au syndic par lettre recommandée avec accusé de réception, assez tôt pour être inscrite à l’ordre du jour de l’assemblée.

Travaux privatifs : ce que vous pouvez faire sans autorisation

Selon Service-public.gouv.fr, chaque copropriétaire use et dispose librement des parties privatives de son lot. Il peut donc en principe y faire des travaux sans autorisation de l’assemblée générale : refaire les peintures, poser un nouveau sol, remplacer une cuisine ou rénover une salle de bains sans toucher aux réseaux communs.

Deux limites s’appliquent toutefois :

  • la destination de l’immeuble et le règlement de copropriété : le règlement peut contenir une clause d’harmonie (couleur des volets, éléments visibles de l’extérieur) ou des règles propres aux travaux ;
  • les droits des autres copropriétaires : vos travaux ne doivent leur causer ni dommage ni nuisance anormale, pendant le chantier comme après.

Des travaux qui porteraient atteinte à la destination de l’immeuble ou aux droits des autres copropriétaires ne pourraient être autorisés qu’à l’unanimité.

Le second point concerne directement les sols. Remplacer une moquette par un carrelage ou un parquet collé peut aggraver les bruits d’impact chez le voisin du dessous. Une sous-couche acoustique adaptée, posée dans les règles, évite bien des litiges : c’est un sujet à traiter dès le choix des revêtements de sols et des chapes. Relisez aussi le règlement : certains imposent un niveau d’isolation phonique pour les sols.

Les travaux qui exigent un vote de l’assemblée générale

L’article 3 de la loi du 10 juillet 1965 répute parties communes, dans le silence ou la contradiction des titres, le gros œuvre des bâtiments et les éléments d’équipement commun, y compris les canalisations qui traversent des locaux privatifs. Dès que vos travaux touchent ces éléments ou l’aspect extérieur de l’immeuble, il vous faut l’autorisation de l’assemblée générale avant de commencer. Ni le syndic ni le conseil syndical ne peuvent la donner à la place de l’assemblée.

Parties communes : murs porteurs, planchers, colonnes

Ouvrir un mur porteur, créer une trémie dans un plancher ou modifier un raccordement sur une colonne commune d’eaux usées affecte les parties communes. La règle générale est la majorité absolue de l’article 25, c’est-à-dire la majorité des voix de tous les copropriétaires. La double majorité de l’article 26 s’applique si les travaux entraînent l’appropriation ou la destruction de parties communes. Pour un mur porteur, l’assemblée attendra une étude de structure et un descriptif précis des travaux de maçonnerie (renforts, linteaux, phasage).

Aspect extérieur : fenêtres, volets, climatisation

Les travaux qui touchent les ouvertures (fenêtres, châssis, barreaux), les conduits d’évacuation ou l’installation d’une climatisation affectent l’aspect extérieur de l’immeuble : ils demandent l’autorisation de l’assemblée générale à la majorité de l’article 25.

Une autorisation d’urbanisme peut s’y ajouter. Service-public.gouv.fr cite notamment le changement de fenêtres (hors réparation ou remplacement à l’identique), la création d’une ouverture, le changement de couleur des volets ou des fenêtres et la pose de volets ou de barreaux. Nous détaillons ces démarches dans notre article sur la déclaration préalable, le permis de construire et l’avis de l’ABF. Pour le choix des châssis eux-mêmes, voir notre page menuiseries extérieures.

Type de travaux Autorisation de l’AG Point de vigilance
Peinture, sols, cuisine, salle de bains sans toucher aux réseaux communs Non, en principe Règlement de copropriété, bruit chez les voisins
Démolition d’une cloison non porteuse Non, en principe Vérifier qu’elle ne participe pas à la structure
Ouverture d’un mur porteur, trémie dans un plancher Oui (article 25, voire 26) Étude de structure, descriptif détaillé
Raccordement modifié sur une colonne commune Oui (article 25) Coupures d’eau à organiser avec le syndic
Fenêtres, volets, conduits, climatiseur Oui (article 25) Autorisation d’urbanisme possible en plus, sauf remplacement à l’identique

Des travaux réalisés sans l’autorisation requise sont irréguliers. Le syndic peut exiger la remise en état, jusqu’à la démolition de l’ouvrage, et le syndicat des copropriétaires peut obtenir l’arrêt du chantier, au besoin devant le tribunal judiciaire.

Le syndic : comment déposer votre demande d’autorisation

La procédure décrite par Service-public.gouv.fr est simple, mais elle dépend du calendrier des assemblées.

  1. Relisez le règlement de copropriété pour savoir ce qui est privatif dans votre lot et quelles règles s’appliquent au chantier.
  2. Constituez un dossier : descriptif des travaux, plans, étude de structure si besoin, devis de l’entreprise.
  3. Écrivez au syndic par lettre recommandée avec accusé de réception pour faire inscrire la demande à l’ordre du jour de la prochaine assemblée générale annuelle, avec tous les documents du projet.
  4. Si cette assemblée est trop lointaine, demandez la convocation d’une assemblée générale spéciale sur ce seul point : tous ses frais sont à votre charge.
  5. Après le vote, tenez compte du délai de recours. Selon l’article 42 de la loi de 1965, les copropriétaires opposants ou défaillants disposent de deux mois à compter de la notification du procès-verbal pour contester la décision. Le syndic doit faire cette notification dans le mois qui suit l’assemblée.

Si l’assemblée refuse, vous disposez de deux mois à compter de la réception du procès-verbal pour demander l’annulation de ce refus au tribunal judiciaire, avec un avocat. Pour des travaux d’amélioration, vous pouvez aussi demander au juge de les autoriser.

En pratique, votre demande doit parvenir au syndic avant l’envoi des convocations. Si elle arrive trop tard, elle risque d’attendre l’assemblée annuelle suivante. Si votre devis comporte un poste soumis au vote, mieux vaut l’identifier tôt : nos conseils pour préparer et comparer un devis de rénovation vous aideront à l’isoler.

Paris et petite couronne : un parc très majoritairement collectif

Selon l’Insee (recensement 2023), les appartements représentent 97 % des logements à Paris, 88 % dans les Hauts-de-Seine, 78 % dans le Val-de-Marne et 76 % en Seine-Saint-Denis. La Ville de Paris compte 47 000 copropriétés, soit 75 % des logements parisiens. Plus de 90 % de ces copropriétés ont été construites avant la première réglementation thermique, en 1974. Rénover un logement au cœur de l’agglomération, c’est donc le plus souvent rénover un appartement en copropriété.

Immeubles d’avant 1946 : plâtre, bois et patrimoine

À Paris, près de la moitié des résidences principales (49 %) datent d’avant 1946 (Insee). Dans ces immeubles anciens, on trouve souvent des planchers en bois, des cloisons en plâtre et des moulures à préserver. Une rénovation soignée passe alors par un travail de plâtrerie, staff et stuc plutôt que par un doublage systématique en plaques de plâtre.

Avant d’ajouter une chape ou un carrelage lourd, faites vérifier ce que le plancher peut supporter. Un renfort de plancher touche en principe au gros œuvre, réputé partie commune sauf disposition contraire du règlement : il passe alors par l’assemblée générale. Dans le Marais (3e et 4e arrondissements) et dans l’essentiel du 7e, couverts par un plan de sauvegarde et de mise en valeur, les autorisations d’urbanisme sont soumises à l’accord de l’Architecte des Bâtiments de France. Voir notre page rénovation d’appartement à Paris.

Immeubles de 1946 à 1990 : béton, réseaux et amiante

En petite couronne, une grande partie du parc date de l’après-guerre : 57 % des résidences principales du Val-de-Marne et de la Seine-Saint-Denis ont été achevées entre 1946 et 1990, et 54 % dans les Hauts-de-Seine (Insee). À Créteil, la ZUP du Mont-Mesly représente à elle seule 6 500 logements construits entre 1958 et 1965. Ces immeubles reposent en général sur des planchers en béton, et leurs réseaux, quand ils n’ont jamais été refaits, ont plusieurs décennies.

Comme les immeubles plus anciens, ils ont été construits avant l’interdiction de l’amiante : certains matériaux peuvent en contenir, et les peintures anciennes peuvent contenir du plomb. Avant des travaux susceptibles de toucher ces matériaux, le donneur d’ordre ou maître d’ouvrage doit faire rechercher l’amiante (article R4412-97 du Code du travail) par un opérateur de repérage certifié. L’obligation vaut aussi pour un particulier : pour les travaux de votre appartement, c’est donc à vous de commander ce repérage.

Pour un projet près de chez vous, voir nos pages rénovation dans le Val-de-Marne et rénovation dans les Hauts-de-Seine, ou celle de Boulogne-Billancourt, où l’Insee recense 97 % d’appartements.

Organiser le chantier dans un immeuble habité

Un chantier en copropriété se gère autant avec les voisins qu’avec les artisans. Quelques règles évitent la plupart des tensions :

  • prévenir le syndic et les voisins des dates et des phases bruyantes, et respecter les horaires fixés par le règlement de copropriété et par les arrêtés municipaux ou préfectoraux sur le bruit ;
  • protéger les parties communes (ascenseur, cage d’escalier, sols du hall) : un état des lieux photographié avant le chantier protège tout le monde ;
  • évacuer les gravats sans les stocker dans les parties communes, et prévoir l’autorisation d’occupation de la voie publique demandée par la commune pour une benne ;
  • planifier les coupures d’eau et d’électricité avec le syndic quand on intervient près d’une colonne commune.

L’ordre des lots compte aussi. On commence par la démolition, puis les réseaux encastrés, avec la plomberie et les sanitaires puis l’électricité, avant les cloisons, les enduits, les sols et les finitions. Notre article sur l’ordre des travaux d’une rénovation complète détaille cet enchaînement. À Paris, où la Ville indique une eau moyennement dure, de 20 à 30 °f, c’est aussi le bon moment pour protéger le ballon d’eau chaude et la robinetterie : voir notre article sur l’eau calcaire et la plomberie.

Un seul interlocuteur pour tous les corps de métier simplifie ce type de chantier. C’est notre méthode : une visite sur place avant tout devis, un devis détaillé poste par poste et la coordination de tous les lots jusqu’à la réception.

Articuler vos travaux avec ceux de la copropriété

Avant de refaire votre appartement, regardez ce que prévoit l’immeuble. Depuis le 1er janvier 2025, les copropriétés à destination totale ou partielle d’habitation dont la réception remonte à plus de 15 ans doivent en principe disposer d’un projet de plan pluriannuel de travaux. Ce document liste les travaux jugés nécessaires sur les dix années suivantes, avec une estimation de leur coût et un ordre de priorité. Si un ravalement avec isolation ou un remplacement des colonnes y figure, mieux vaut caler votre calendrier dessus.

Les travaux de rénovation énergétique des parties communes peuvent bénéficier de MaPrimeRénov’ Copropriété. En 2026, selon France Rénov’, la demande est déposée par le syndic pour l’ensemble de la copropriété. Le projet doit en règle générale viser un gain énergétique d’au moins 35 % et être accompagné par un assistant à maîtrise d’ouvrage. À Paris, le dispositif Éco-rénovons Paris+ de la Ville accompagne gratuitement les copropriétés. En Seine-Saint-Denis, l’ALEC-MVE, espace conseil France Rénov’ de l’Est parisien, conseille sur la rénovation énergétique les habitants du territoire d’Est Ensemble, dont Montreuil.

Questions fréquentes

Faut-il prévenir le syndic pour refaire sa cuisine ou sa salle de bains ?

La loi n’impose pas d’autorisation de l’assemblée générale pour des travaux qui restent dans vos parties privatives. Le règlement de copropriété peut toutefois prévoir une information préalable, et c’est de toute façon utile : le syndic organise la coupure des colonnes d’eau, l’usage de l’ascenseur et la protection des parties communes. Si les travaux touchent une canalisation commune, un mur porteur ou l’aspect extérieur, un vote de l’assemblée générale est nécessaire.

Peut-on abattre une cloison en copropriété sans autorisation ?

Une cloison non porteuse située entièrement dans votre lot relève en principe de vos parties privatives. Faites d’abord vérifier qu’elle ne participe pas à la structure : dans un immeuble ancien, une cloison peut reprendre une partie des charges. Un mur porteur appartient au gros œuvre, réputé partie commune sauf disposition contraire du règlement : son ouverture exige un vote de l’assemblée générale et une étude de structure.

Combien de temps faut-il pour obtenir l’accord de l’assemblée générale ?

Tout dépend du calendrier des assemblées. Votre demande, envoyée au syndic par lettre recommandée avec le dossier du projet, doit lui parvenir avant l’envoi des convocations de la prochaine assemblée générale. Sinon, elle risque d’attendre l’assemblée suivante, sauf à demander une assemblée spéciale, dont vous supportez les frais. Comptez aussi le délai de contestation de deux mois ouvert aux copropriétaires opposants ou défaillants après la notification du procès-verbal.

Changer ses fenêtres en copropriété : quelles autorisations ?

Les travaux sur les fenêtres touchent l’aspect extérieur de l’immeuble : il faut l’autorisation de l’assemblée générale à la majorité absolue de l’article 25 de la loi du 10 juillet 1965. Une autorisation d’urbanisme peut aussi être nécessaire, sauf pour une réparation ou un remplacement à l’identique, en particulier en secteur protégé.

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Vous rénovez un appartement à Paris ou en petite couronne ? Nous venons voir le logement avant tout devis, puis nous vous remettons un devis détaillé poste par poste, qui permet d’isoler les travaux à soumettre au vote de l’assemblée générale. Demandez une visite pour votre rénovation d’appartement.

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Sources

  1. Copropriété : travaux et aménagements dans l’appartement du propriétaire occupant (Service-public.gouv.fr, vérifié le 18 février 2026)
  2. Loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriété des immeubles bâtis, articles 3, 25, 26 et 42 (Légifrance)
  3. Plan pluriannuel de travaux en copropriété (Service-public.gouv.fr, vérifié le 8 juin 2026)
  4. MaPrimeRénov’ Copropriété (France Rénov’)
  5. Article R4412-97 du Code du travail : repérage de l’amiante avant travaux (Légifrance)
  6. Arrêté du 16 juillet 2019 relatif au repérage de l’amiante avant certaines opérations réalisées dans les immeubles bâtis (Légifrance)
  7. Repérage avant travaux de l’amiante dans les immeubles bâtis (DREETS Provence-Alpes-Côte d’Azur)
  8. Éco-rénovons Paris+ (Ville de Paris, mis à jour le 24 avril 2026)
  9. Insee, recensement de la population 2023 : dossier complet de Paris (dossiers équivalents pour les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne)
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